Selma Namata Doyen — batterie
Raphaël Szöllösy — guitare baryton, effets
Rémi Psaume — saxophones, effets

Une fille, deux gars. Désobéissants et enthousiastes. La première tape sur des fûts, et ça lui va bien. Les deux autres jouent du sax et de la guitare baryton. Et de pas mal d’effets, aussi. Du plus bel effet, même. Pour ses influences, ce trio de jazz, punk et internationaliste, est d’abord allé visiter l’Ethiopie de The Ex et Getatchew Mekuria. Pour, ensuite, aller saluer les Dead Kennedys, Jaimie Branch ou encore les Lounge Lizards et en tirer quelques formules hantées par le lyrisme mandingue comme par les saillies électriques. Les références sont solides, certes mais, [Na] ne manque vraiment pas de personnalités. Ces trois musicienn·es sont têtu·es. Et de la meilleure des manières : furieuse, généreuse et frontale. Fort d’un premier EP enregistré en 2023, à Sainte-Marie-aux-Mines, dans la grange légendaire de Rodolphe Burger, ce groupe est aussi, en 2024, un des quatre lauréats de Jazz Migration #10. Sinon, oui. [Na] écrit son nom entre crochets. Va savoir pourquoi, mais on s’en moque. Après tout, qui aurait osé demander à Mohamed Ali de justifier les siens, de crochets ?
EP 1 sorti en mai 2023. Enregistré le 1er Juillet 2022 au Studio Klein Leberau à Sainte-Marie-aux-Mines par Simon Burger.
Mixé et masterisé par Thomas Binetruy à Zouam Records.
EP 2 enregistré à Sainte-Marie-sur-Ouche le 31 août et 1er septembre 2024, mixé et mastérisé par Cyril « Spud » Petit.

Septembre 2025, Tribu Festival, Dijon. [Na] rencontre Etenesh Wassie. L’entente est immédiate et le trio devient véritablement quartet : quatre musicien·nes formant une drôle de fratrie, pas tout à fait sérieuse en musique et encore moins dès qu’il s’agit du reste.
La voix d’Etenesh Wassie ne se superpose pas au langage de [Na] : elle en modifie la syntaxe. Ses inflexions, ses modes, son traitement du temps et de la répétition déplacent les habitudes du trio, tandis que l’électricité, les ostinatos et les saillies free viennent à leur tour bousculer le répertoire. Il ne s’agit donc pas tant de fusionner des idiomes — vaste programme — que d’observer ce qu’ils se font mutuellement lorsqu’on ne les laisse jamais tranquilles.